Psaume 137 de Kreek (en cours)
Cinq chants hébreux de Whitacre (en cours)
Sleep de Whitacre





Un film du gour de Falguières ces deux jours. De l'eau, de l'eau, de l'eau !!
La cascade du Martinet
A Moulaset !!
Re Moulaset !!
Ah, si on avait de l'eau comme ça en été !!
Franchi, que dis-je, survolé par Valérie Pécresse, ci-devant bonimenteuse-en-chef-adjointe à l’UMP, une de ces instances clonées de perroquets élevés en batterie au 55 rue La Boétie, et dont le rôle est de squatter tous les médias pour y déverser à tout propos un tombereau de billevesées prédigérées et calibrées.
Un peu moins présente que Copé, et il faut bien le dire moins mouillée dans l’eau des piscines des intermédiaires véreux entre marchands de canons et politiciens corrompus, elle tient néanmoins honorablement son rang dès qu’il s’agit de dire dans le poste des conneries grosses comme elle (et même bien davantage car elle est plutôt svelte).
Je n’en ai pas cru mes esgourdes tout à l’heure en écoutant Europe 1 (je crois) : elle commentait l’actualité du jour, à savoir la terrible menace de la perte à terme du fameux AAA suite à la “mise sous surveillance négative” de la dette française par Moody’s, ce vampire assoiffé du sang du peuple, et qui défend l’ordre libéral et les intérêts de ses 1% de profiteurs.
Valérie Pécresse fait assurément partie de ces 1%. Fille du directeur de Bolloré Télécom, elle fit ses études secondaires à “l’Institution Sainte-Marie de Neuilly-sur-Seine”, lieu fort bien fréquenté où elle ne risquait guère de rencontrer de prolos ni d’étrangers. C’est ainsi que curieusement, elle ne se maria pas avec un chômeur de longue durée, mais avec l’un des directeurs d’une grosse société. La rémunération de cet heureux homme a dépassé en 2009 le million d’euros, qui sont venus s’ajouter au salaire non négligeable d’un ministre de la République. Il est probable que la famille Pécresse est une des grandes gagnantes de la réforme de l’ISF, qu’elle a elle-même mise en œuvre, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.
On comprend donc que Valérie Pécresse, qui depuis sa naissance n’a jamais connu le besoin, en est plus que jamais préservée, et nous ne pouvons que nous en réjouir car nous souhaitons ardemment le bonheur d’autrui. Ce n’est hélas pas le cas des “99%”, comme par exemple les femmes de ménage décrites par Florence Aubenas dans “Le Quai de Ouistreham”… (il vient de sortir en poche, que ceux qui ne l’ont pas lu en profitent), qui subissent et de plus en plus vivement la tyrannie de la finance et la trahison des politicards.
Mais pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que c’est instructif pour ceux qui l’ignoraient, bien sûr, il est toujours intéressant de situer un personnage, surtout quand il vous donne des leçons qui deviennent des ordres.
Mais aussi parce que madame Pécresse, comme son collègue nageur Copé, et comme son autre ami consumériste Chatel, sont issus de la même souche de perroquets de l’élevage UMP, et sont à ce titre chargés de bombarder à outrance notre “ami” Flanby, qui vient d’être identifié comme la seule cible qui vaille.
Bon, une fois qu’ils ont répété en boucle qu’il est mou et inexpérimenté (c’est pas un scoop, tout le monde le sait), ils tentent d’argumenter. Et c’est là qu’on se marre. Ils lui donnent des leçons de gestion ! Extraordinaire ! Des ministres sarkozystes, ceux-là même qui ont pillé les comptes publics pour les reverser à leurs semblables les nantis, creusant ainsi un déficit abyssal et inédit tout en saccageant les Services Publics des pauvres, se permettent de donner des leçons de gestion budgétaire. C’est à se pisser dessus de rire ! C’est à peu près aussi cocasse que si leur mètre à penser Sarkozy s’avisait de traiter quiconque de nain !
Mais comme si ça ne suffisait pas, Vaérie Pécresse en rajoute encore une louche. Quand Moody’s menace de dégrader la dette française, elle ne s’insurge pas. Oh, non, surtout pas, l’insurrection, c’est trop vulgaire, c’est pas ce qu’on lui a appris dans ses institutions de curetons réservées aux rupins. Ce n’est pas sur elle que l’électeur devra compter pour se lever, s’opposer et les protéger. Non, le joug ultralibéral, elle l’admet d’emblée, puisqu’il ne l’atteint pas, et qu’il préserve au contraire ses intérêts et ceux de sa clique. Son seul but est d’expliquer à ses victimes qu’elles n’ont pas le choix, qu’elles doivent se soumettre.
Par contre, elle ose cette explications proprement hallucinante : si Moody’s veut nous dégrader, c’est la faute à Flanby et à la politique “laxiste” qu’il prône !!!
On connaissait par cœur le coup du “c’est la faute à mon prédécesseur”, le grand classique de tout mandat présidentiel.
Mais “c’est la faute à celui qui va nous mettre la pâtée en mai prochain”, c’est en ce qui me concerne parfaitement inédit !
[EDIT 19/10 : je viens d’entendre, sur France Inter cette fois, que les mêmes propos (“Moody’s, c’est la faute à Flanby”) ont été tenus par Alain Minc, autre membre “impayable” des 1%, perroquet d’élevage, et larbin® de la finance internationale qui lui a tant apporté]
On ne peut que se féliciter, sur le plan humain, de la libération de l’« otage » Gilad Shalit, rendu à sa famille et à ses proches après cinq ans de captivité. On peut toutefois s’étonner de la place accordée à cet événement par nombre de médias, avec des envoyés spéciaux dans son village natal, attendant son retour, interrogeant les habitants, partageant l’émotion générale.
Si la joie des Palestiniens est également montrée – et c’est une bonne chose –, on partage en revanche rarement celle d’une famille précise, celle d’une femme retrouvant son mari (certains prisonniers croupissaient dans les geôles israéliennes depuis plus de trente ans – j’ai bien dit trente ans –, un tiers ont été arrêtés avant les accords d’Oslo de 1993), d’un fils retrouvant son père dont il ne se remémore même pas le visage.
L’une des remarques qui reviennent sans cesse dans les médias est que ces gens que l’on libère ont « du sang sur les mains ». Il est étonnant de voir ainsi repris l’un des thèmes de la propagande israélienne, qui parle, elle, de « sang juif sur les mains ».
Oui, nombre de prisonniers ont participé à des actions contre des militaires et même des civils israéliens. C’était aussi le cas des combattants du Front de libération nationale (FLN) algérien et du Congrès national africain (ANC) sud-africain : tous deux ont menés des actions armées, tous deux ont commis des actes « terroristes » (attaques contre des cafés, des civils, etc.). Nelson Mandela, présenté aujourd’hui comme une sorte d’icône du pacifisme, était considéré comme un terroriste par les Etats-Unis et le Royaume-Uni ; Amnesty International avait refusé de l’adopter comme « prisonnier de conscience » parce qu’il prônait la violence.
La question essentielle qui ne sera pas posée : est-ce que l’attaque contre Gaza de décembre 2008, durant laquelle des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été commis, ne signifie pas que l’armée israélienne a « du sang sur les mains » ? Sans parler de l’invasion du Liban de 1982, qui a fait des milliers de victimes civiles, ou de la guerre contre ce même pays en 2006, qui a causé 1 400 morts.
L’un des arguments les plus fallacieux utilisés concernant les prisonniers palestiniens est qu’ils sont passés devant des tribunaux, qu’Israël est un pays démocratique, que sa justice est indépendante, etc. Tous ceux qui connaissent un peu le système judiciaire de ce pays savent que cela est parfaitement faux – sans même parler des prisonniers “administratifs”, que l’on maintient en détention sans procès, mais « légalement ». Ce serait un sujet intéressant pour les médias d’enquêter là-dessus.
Pour revenir sur l’émotion qui semble saisir les médias occidentaux devant la libération de Shalit, espérons qu’ils feront preuve de la même compassion pour le Franco-Palestinien Salah Hamouri, emprisonné depuis bientôt sept ans à la suite d’un procès qui était ainsi résumé par Alain Juppé, ministre français des affaires étrangères : « Je déplore que les autorités israéliennes n’aient pas pris de décision de remise de peine, d’autant que les aveux faits à l’audience n’ont été corroborés par aucun élément de preuve. Je mesure la peine de sa famille, alors qu’il est à présent en âge de s’investir dans des études. Je comprends également que l’intéressé a fait le choix de ne pas solliciter de demande de grâce. C’est une attitude respectable. » Et que de nombreuses chaînes de télévision couvriront en direct sa libération...
J'aimerais bien avoir ton
point de vue sur la primaire socialiste.
En fait non, je te le dis : tu n'as pas du tout envie d'avoir mon point de vue sur la primaire socialiste.
Parce que, déjà, dans un premier temps, et comme je l'ai élégamment
répondu à l'ami qui me sollicitait de cette bien étrange manière (oui, ce n'est pas comme s'il ne m'avait jamais vue en train de cracher et de feuler, les griffes fermement plantées dans le
plafond à la seule évocation du signe PS), le PS, je m'en bats allègrement les steaks, ainsi que de ce qu'ils peuvent bien raconter dans cette officine de baltringues et de faux jetons. Je pense
même que chaque minute de ma vie dépensée à écouter, parler, commenter ou interagir de quelque manière que ce soit avec un discours du PS est une minute définitivement gâchée pour rien. Parce que
je ne me paie pas de discours, parce que depuis 1983, le PS parle par ses actes et c'est d'une manière sans appel : ils sont aussi soumis à la dictature des marchés que les autres en face.
Sauf, qu'eux, ils font semblant du contraire et nous promettent le grand soir libérateur par les urnes avant de nous servir des petits matins gueule de bois où la real
politik nous tient tous avidement par les burnes.
Parce que l'UMP, au moins, il annonce assez clairement la couleur : bling-bling et gang bang chez les fortunés de ce monde, tapis rouge pour
le MEDEF, application point par point du programme de la BCE, de l'OCDE, de la BM ou du FMI, tout est limpide comme une bonne grosse giclée de champagne dans une coupette
en cristal de Baccarat. C'est comme quand tu tombes sur une bonne grosse diatribe réactionnaire : tu préfères la lire sur le Figaro que chez Libé. Pure question d’honnêteté
intellectuelle ! Pour moi, les PS sont tricards depuis bien longtemps, mais mon divorce démocratique date assez largement de la campagne ignoble pour le TCE et rien ni personne n'a pu faire remonter un tant soit peu ce ramassis de jean-foutre dans mon estime
personnelle. Surtout pas leur dernière traîtrise démocratique et intellectuelle.
Par contre, au-delà de l'appareil moisi, tout entier dévoué aux intérêts très particuliers de la poignée de ceux qui vendraient père et mère pour un maroquin, voire un strapontin quelque peu
rémunérateur dans l'antichambre du pouvoir, il existe des gens de conviction qui se laissent encore et toujours fourvoyer par l'apparence trompeuse des discours vides qui ne sont rien d'autre
que du racolage actif d'électeurs de bas étage.
Ceux qui me lisent depuis des temps immémoriaux se souviennent probablement du magnifique costard que j'avais taillé à un aspirant élude mon microbled un soir de campagne électorale. Heureusement
pour la suite de l'histoire, mon ire quelque peu épidermique n'avait influé en rien sur le cours des choses et cette équipe municipale avait été élue haut la main, pour le
meilleur comme pour le pire.
Le pire arriva assez rapidement et dans un autre billet j'avais
dû me fendre d'un embryon de mea culpa pour avoir
méjugé de quelqu'unprobablement plus à l'aise dans l'action que dans le discours.
Ce qu'il y a de bien dans la démocratie locale des microbleds, c'est qu'elle est directe et active. Et que l'on côtoie nos élus avec une belle régularité, pratiquement au quotidien. Parce que
nous vivons au même endroit. Certes. Mais aussi parce que nous avons plus ou moins les mêmes existences. Les mêmes trajets du matin avec des horaires qui se chevauchent pour aller au boulot ou
chercher les gosses. Des fréquentations en commun. Des intérêts communs. Et probablement, des convictions communes.
C'est comme cela que j'ai vu vivre mon élu de terrain.
Quelqu'un au service de la collectivité. Le gars qui vient après son boulot pour soutenir la manif des parents d'élèves contre la fermeture du moultième poste en grande
ruralité, mais qui se tape aussi les réunions standards de l'école du village d'à côté, non pas parce que ses mômes y sont, mais plutôt parce que la mienne (entre autres) y est. Alors que je
m'exonère le plus souvent de ce genre de corvée. Le gars qui prend ses RTT de sorte qu'elles coïncident avec les permanences de la mairie (à moins que ce ne soit l'inverse). Celles de toutes
les semaines. En plus des réunions du conseil. Celles pour expédier les affaires courantes. Les histoires à la con de chiens qui aboient, de trous dans les routes, de concession au cimetière du
coin. Le gars qui assiste à pratiquement tous les enterrements de ses concitoyens. Avec notre pyramide des âges, forcément, c'est plus souvent que les fêtes de baptême. Le gars qui bosse le
dimanche pour retaper l'appartement communal, loué à bon prix pour les locataires désargentés. Je le sais, c'est à l'heure où je fais ma balade à vélo. Le gars que j'ai croisé à toutes les manifs au bled en chef. Et même à celles où je ne suis pas allée.
Celui qui monte les installations pour la fête du village, qui passe ces mêmes fêtes à tenir la boutique et le même aussi et surtout, qui nettoie le bordel et range les poubelles, le dimanche
soir, quand tout le monde est parti.
Le pire, c'est que je n'ai pas l'impression qu'il se force. Ou qu'il attend quoi que ce soit en retour. Ou qu'il fasse tout cela pour son ego ou même pour un peu de reconnaissance. Et vu la
taille du microbled, ce n’est sûrement pas pour l'argent (247 € en sa qualité d'adjoint : vu le temps passé, ça ne rembourse même pas l'essence). À côté de ce gars-là, je me fais
l'impression d'être une grosse bourgeoise égoïste, pompeuse et autosatisfaite, planquée derrière son clavier à filer des leçons à tout le monde.
Il ne se paie pas de mots, de grandes envolées lyriques, de grands soirs ou de toutes ces conneries : il fait son putain de boulot d'élu d'un microbled. Et en échange, il lui arrive qu'une
vieille lui offre le café et une crêpe.
Je sais qu'il est allé consciencieusement voter aux primaires au bled et ça, ça me fait divinement chier. Parce que le PS est le pire ennemi de la gauche, de la vraie gôche
, comme on dit entre nous, c'est à dire de cette force politique incroyable qui n'a pas spécialement pignon sur rue et qui ne tient pas le
crachoir médiatique à longueur de temps, mais qui occupe le terrain, partout, chaque jour, comme une petite fourmi patiente et laborieuse et qui crée, concrètement, le monde meilleur
auquel nous aspirons tous, un monde solidaire et désintéressé. Parce que le PS, comme appareil politique d'alternance, a complètement renié tous ces fondamentaux-là pour seulement se soumettre à la loi du marché. Tout en faisant
semblant d'être de notre côté, juste parce qu'ils ont besoin de nos votes pour accéder au pouvoir, une fois de temps en temps.
Voilà ce que j'en pense de vos putains de primaires : une
vaste diversion, un simulacre de démocratie pour mieux
siphonner l'énergie et les talents de ceux qui font la vraie gôche avec leur conviction, leur temps, leur énergie.
Je ne suis peut-être qu'une gauchiste de clavier, mais je sais ce qu'il me reste à faire : convaincre, un par un, s'il le faut, tous les élus de terrain que le vrai combat est à eux et que
tant qu'à se rallier à un étendard, autant en choisir un qui croit vraiment à la même chose que
nous tous.
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