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Sleep de Whitacre
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vendredi 8 mai 2009, par Olivier Bonnet
Nous restons songeur en nous apercevant que c’est seulement aujourd’hui, 8 mai, en lisant avec retard le billet publié sur son blog par Jean-Luc Mélenchon le 28 avril dernier, que nous apprenons que s’est tenu au Parlement européen une semaine plus tôt un vote concernant la libéralisation du secteur de l’énergie. Et que les "socialistes" français, avec leurs homologues du Parti "socialiste" européen, ont massivement voté pour. Imposteurs !
"Pendant que je parlais à Figeac, devant cette salle de 500 personnes dont j’ai parlé hier, se nouait au parlement européen le
vote sur la libéralisation de l’énergie. Ce vote portait sur le 3e paquet de directives sur la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz. Ces
directives, on le devine, visent à renforcer la libre concurrence et à achever la libéralisation du secteur. Que sait faire d’autre l’Union Européenne ? Au cas précis il
s’agissait d’accélérer le démantèlement des entreprises intégrées de service public, chiennes galeuses accusées de fausser la concurrence. Le vote a eu lieu. Sans surprise, EDF et
GDF vont devoir séparer plus fortement leurs activités de production, de fourniture (services de distribution, en contact avec le client) et de transport (les lignes, les gazoducs
etc). Bien sûr cette désintégration ouvre la voie à une privatisation rampante des réseaux et de la distribution. C’est d’ailleurs commencé avant même le vote. Maintenant c’est la loi. On
connaît l’enchaînement. Tout va se faire par des filialisations et des externalisations au profit du privé. Adieu l’égalité devant le service public. Adieu les investissements de long terme
dans le réseau. Voici enfin l’ère de la modernité. Cela veut dire que ce qui marchait bien pour tous va complètement dysfonctionner, que tout vaudra plus cher et que tout finira dans un
scandale à l’occasion duquel on rappellera l’État pour réparer des dégâts inouïs ! Les rapaces vont encore se goinfrer et les gens souffrir. C’est justement ce que dénonce actuellement
le mouvement des agents des services de distribution d’EDF et GDF nommés dorénavant ERDF et GRDF en application des règles de dépeçage. Certes, sous la
pression des États, le compromis final voté par le Parlement européen n’impose plus une séparation patrimoniale totale et obligatoire entre les activités de production et celles de transport.
Si cela avait été fait cela aurait valu une
privatisation directe. Mais il impose une séparation accrue. Comme d’habitude, des petits pas toujours dans la
même direction. Jusqu’à la prochaine fois. En pleine campagne européenne ça vaut la peine de savoir qui a voté comment. Surtout que les intéressés ne vont pas s’en vanter. En effet, le
PPEPSE ont massivement voté pour (187 voix du PSE pour, 2 contre, 2 abstentions !). La majorité de la GUE et des Verts ont voté contre. Les
socialistes français ont brillé. Illisibles comme un de leur meeting. La majorité a voté pour comme l’ensemble du PSE. Et parmi ceux-ci Françoise Castex, Vincent Peillon,
Stéphane Le Foll, Pervenche Bérès, Jean-Louis Cottigny, Béatrice Patrie, Bernard Poignant, Catherine Trautmann. Benoît Hamon et Harlem Désir se sont abstenus. Kader Arif et Henri Weber n’ont
pas pris part au vote. Seules Marie-Noelle Lienemann et Anne Ferreira ont voté contre. Dites merci." et le
Comment est-il possible qu’une telle information nous soit passée totalement inaperçue ? Une recherche via Google Actualité nous livre la
réponse : voyez vous-même, aucun grand média français n’en a parlé ! Voilà ainsi comment les citoyens sont informés en pleine campagne électorale. Les "socialistes" français
voteraient donc main dans la main avec les UMPistes au Parlement européen ? Et ils prétendent vouloir changer l’Europe ? Cette
collusion serait manifeste d’après L’Observatoire de l’Europe, qui annonce la prochaine parution d’une étude
explosive, dans une brève en date du 3 mai : "L’étude à venir porte sur l’année 2008 et fait apparaître que le groupe du PPE-DE, majoritaire, qui rassemble les partis de
centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens sur 97% des votes par appel nominal (rapports,
résolutions) examinés par le Parlement européen. Un score digne de la Douma de l’ex Union soviétique. Sur 535 votes par appel nominal (votes électroniques, les seuls qui soient
enregistrés et donc traçables) les groupes PPE et PSE n’ont voté différemment que dans 18 cas. Et sur ces 18 votes par appel nominal où ils ont divergé, ça n’était pas
forcément pour s’opposer puisque l’un des deux groupes à choisi l’abstention 8 fois. C’est à dire que droite et gauche au Parlement européen ne se sont opposées que dans 10 cas sur 535
votes. Sur ces dix votes qui les ont vus s’opposer, un seul était un texte de nature législative. La convergence des votes du PPE et du PSE exprimées en pourcentages est donc de
97%." Signalons que L’Observatoire de l’Europe est dirigé par Christophe Beaudouin, qui n’est autre que le conseiller pour les affaires européennes de Philippe de Villiers. Est-ce à dire
qu’il ne faudrait pas prendre en compte les informations qu’il délivre, si elles s’avèrent exactes ? Attendons la parution de l’étude en question pour trancher. Quoi qu’il en soit, le
vote "socialiste" en faveur du 3e Paquet énergie est bien une réalité. Comme la
trahison des mêmes dans la félonie du Traité de Lisbonne. Qui veut voter P"S" aux européennes ?
Cet accord avec le Saint Siège qui s'assoit sur la laïcité
Un dimanche, c'est le jour que Nicolas Sarkozy a choisi pour publier au Journal Officiel un décret qui torpille un des piliers de la laïcité : désormais, la France reconnaît les diplômes de l'enseignement supérieur catholique à égalité avec les diplômes publics. Dans un silence médiatique assourdissant.
Dans son discours de Latran du 20 décembre 2007, Nicolas Sarkozy jugeait "dommageable" que les diplômes des universités catholiques ne soient pas reconnus par l'État français. Le "dommage" est maintenant réparé. Le décretreconnaissance mutuelle des périodes d'études, des grades et des diplômes de l'enseignement supérieur". Sont concernés le baccalauréat, la licence, le master et le doctorat. De fait, la loi de 1880 qui préservait l'autorité unique de l'Etat en matière d'attribution de diplômes est abolie. du 19 avril précise urbi et orbi que cet accord vaut pour "
"Proprement inacceptable"
Le 18 décembre dernier, la France et le Vatican avaient signé un accord préalable, soulevant des volées de critiques, notamment de la part de la Conférence des présidents d'université qui l'avait jugé "proprement inacceptable". Gênés aux entournures, Bernard Kouchner et Valérie Pécresse avaient alors publié un communiqué précisant que seules les "disciplines canoniques" étaient concernées et que les universités conserveraient le droit de reconnaître ou non les diplômes visés par le Vatican. Les mécréants étaient ainsi invités à retourner méditer leur sujet...
Un décret tout puissant
Las, le décret publié prévoit que seule la Congrégation pour l'Education catholique peut définir la "liste des institutions ainsi que des diplômes concernés", dans tous les domaines, autant sur le sol du Vatican que dans l'hexagone. En outre, la reconnaissance des diplômes - profanes (économie, médecine...) ou canoniques (théologie...) - par les universités françaises est automatique.
Cette législation est issue du "processus de Bologne", par lequel les États européens se sont engagés à établir d'ici à 2010 un "espace commun de l'enseignement supérieur" qui devait voir la naissance de diplômes européens reconnus par tous. Sauf que le décret va largement au delà des propositions émises dans ce cadre, qui ne prévoyaient aucune automaticité, pas plus qu'il ne devait concerner les diplômes nationaux.
Nicolas Sarkozy bientôt canonisé ?
"Lorsqu'il s'agit de morale, l'instituteur n'approchera jamais le curé ou le pasteur" clamait Nicolas Sarkozy, lors de son discours de Latran. Et lorsqu'il s'agit d'éducation ? Pas mieux, si l'on s'en tient à ce décret. Un des piliers de la laïcité, la loi de 1880 entérinée en 1905 par la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, vient d'être torpillé... dans une indifférence médiatique quasi-générale.
(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")
Un charter de Kosovars
Eric Besson est un humaniste qui, trop modeste, n’apprécie guère le titre de ministre de la Rafle et du drapeau attaché à sa fonction. Et pourtant…
Et pourtant… La semaine dernière, expulsion de 50 Kosovars et Albanais sur un vol charter organisé en collaboration avec l’Autriche. Spectacle grandiose, propre à combler le ministre : 50 malheureux, certains avec leur baluchon, d’autres sans rien, menottés, entravés, attachés à leur siège, encadrés de deux policiers chacun. Ce devait être beau comme du Besson ! Pourquoi aucune photo n’a-t-elle été publiée dans le but de « dissuader les migrants » ?
Une rafle d’Afghans
Arrestations massives opérées à l’improviste par la police dans un quartier suspect : 200 Afghans arrêtés au petit matin à Calais au milieu d’un énorme déploiement de 500 policiers. Une rafle magnifique qui a sans doute tellement ravi le ministre qu’il s’est rendu à Calais quelques jours plus tard pour annoncer des récidives. 200 interpellations, sous prétexte de lutter contre les trafiquants. 200 personnes libérées le lendemain.
Deux enfants en prison, leur père en rétention…
Si M. Besson fait dans l’acharnement collectif, il fait aussi dans le traitement individuel sordide.
Bienvenu Mbelani a 34 ans, père de P. (10 ans) et de J. (8 ans). Il est congolais (RDC), un pays où les morts dus aux guerres civiles et aux violences politiques se comptent par millions. En 2006, il parvient à quitter le pays et demande l’asile en France. Débouté comme de bien entendu. Il se retrouve sans papiers et frappé d’un APRF (Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière). Malgré cela, ses deux enfants sont envoyés en France pour le rejoindre. Ils atterrissent à Roissy le 10 avril avec des papiers qui ne sont pas en règle. Selon les procédures maintenues en place par le ministre Besson, les enfants (8 ans et 10 ans !) sont placés en zone d’attente, une prison pour étrangers, adultes mais aussi enfants, à qui on souhaite refuser l’entrée en France.
L’apprenant, Bienvenu Mbelani se précipite en zone d’attente (sur les conseils de son avocat, paraît-il… Si c’est vrai, celui là ferait mieux de s’occuper d’autre chose que du droit des étrangers !) Il est arrêté sur le champ et mis en rétention. Papa en prison à Bobigny, les enfants en prison à Roissy. Le monde selon Besson est merveilleux.
Au quatrième jour de détention, les enfants sont présentés au Juge de libertés et de la détention de Bobigny, comme des grands, sur le banc des accusés, dans une salle bourrée de policiers en uniforme. Ils sont dans la même salle que leur père, lui aussi présenté au JLD, mais ils n’ont le droit ni de communiquer ni de l’embrasser. La classe ! 8 ans et 10 ans, le gibier de potence fourni à la justice par les services de M. Besson a de l’allure ! Heureusement quand même, le JLD ordonne la libération des enfants qui sont placés dans une famille d’accueil par l’ASE. Mais leur père n’a toujours pas pu les contacter.
On en est là.
Notre ministre humaniste a trois solutions. Renvoyer le père et les enfants dans un pays qu’ils ont fui et où il est fort possible que le père soit immédiatement emprisonné… si ce n’est pire car quoi qui ait pu se passer avant son départ, le simple fait d’avoir demandé l’asile en France le désigne comme un opposant. Les enfants seraient ainsi livrés à eux-mêmes, rendus quasi-orphelins au nom de la préservation de l’unité familiale à laquelle on sait que les services de M. Besson sont très attachés quand ça les arrange. La seconde solution serait de garder les enfants confiés à l’ASE en France et de renvoyer le père au Congo. Le coup du chassé-croisé (les enfants arrivent d’Afrique au moment où le père y est réexpédié) est original… Son caractère inédit séduira peut-être le ministre.
Reste enfin la seule solution humainement acceptable : que Bienvenu Mbelani soit libéré et régularisé et qu’il récupère ses enfants afin de leur donner enfin une vie décente. Trop simple et trop humaniste pour être possible ?
Père d’un enfant français, mari d’une handicapée française, en rétention !
Mohamed Allouche est tunisien, père d’un enfant français (sa femme est française). Il est arrivé en 2005 pour rejoindre sa femme et son fils. Outre le droit élémentaire de vivre en famille, la venue de Mohamed était d’autant plus nécessaire que la mère de son enfant est sourde et muette. Elle travaille dans une maison de retraite et a été la première femme atteinte de ce double handicap à obtenir le permis de conduire mais il n’empêche que la présence de son père est indispensable à Noufel (11 ans). Mohamed avait un récépissé provisoire de titre de séjour… sans autorisation de travail.
Mais, en août 2007, la préfecture de Nanterre faisait mener une enquête pour vérifier la réalité de la vie du couple. Pour un peu le ministère Hortefeux-Besson mériterait de s’appeler celui du trou de serrure ! Mohamed Allouche était contrôlé le 15 avril au métro Chatillon-Montrouge et placé en rétention après avoir reçu un APRF. Motif deux des nombreux documents fournis par le couple pour prouver leur vie commune portaient une adresse différente de leur adresse habituelle. C’est grave, ça, ça mérite de détruire une famille, de placer un individu en prison et sûrement de l’expulser… Sauf que l’adresse « suspecte » est celle des parents de l’épouse qui, pour une raison ou une autre avait jugé plus pratique de se faire expédier tel ou tel courrier chez ses parents. A se demander ce qui est le mieux partagé au ministère de M. Besson, la malveillance ou l’incompétence. Les deux peut-être ?
Il faut, naturellement, que Mohamed Allouche soit libéré, que le titre de séjour auquel il a droit lui soit immédiatement délivré, que les mauvais traitements qu’il a subis soient indemnisés et que le ministre lui présente des excuses.
A la tête de ce qu’il appelle lui-même un « processus de révolution citoyenne », Rafael Correa a déjà gagné plusieurs suffrages importants. Elu président fin 2006, il a remporté en avril 2007, avec 82% de « Oui », le référendum sur la convocation d’élections générales afin de désigner les membres d’une assemblée constituante (à l’époque tout l’establishment et tous les médias étaient contre lui). En septembre 2007, les électeurs ont donné la majorité à l’Assemblée constituante aux candidats d’Alianza País, le nouveau mouvement politique de Rafael Correa, et aux partis de gauche qui soutenaient son projet. Le texte de la nouvelle Constitution a été approuvé par les « assembléistes » en juillet 2008 après 8 mois d’élaboration démocratique au cours de laquelle les élus de l’opposition ont eu tout le loisir de faire des propositions. Ce projet de Constitution élaboré avec une grande participation de la société civile a ensuite été soumis à un référendum le 28 septembre 2008. Il a été approuvé par plus de 60% des votants. Les élections du dimanche 26 avril confirment donc le soutien populaire dont bénéficie Rafael Correa et les partis qui lui sont alliés.
Selon les résultats provisoires, le mouvement Alianza País disposerait de 62 élus sur les 124 membres de la nouvelle assemblée nationale issue des élections de dimanche. Les autres partis de gauche qui pourraient s’allier à Correa obtiendraient ensemble une quinzaine d’élus (7 pour le MPD, 5 pour les municipalistes et 4 pour Pachakutik).
La nouvelle Constitution garantit davantage de droits culturels, économiques et sociaux à la population. Elle a également instauré un mécanisme démocratique qui permet de révoquer à mi-mandat des élus à tous les niveaux, y compris le président de la République (c’est le cas également des constitutions en vigueur au Venezuela depuis 1999 et en Bolivie depuis 2009).
Les changements politiques démocratiques en cours en Équateur sont systématiquement passés sous silence par les grands médias des pays les plus industrialisés. Au contraire, une campagne de dénigrement est méthodiquement orchestrée afin de présenter les chefs d’État de ces trois pays sous l’image repoussante de dirigeants populistes autoritaires.
Les expériences de ces trois pays andins, en termes d’adoption de nouvelles Constitutions, sont très riches. Elles devraient inspirer les peuples et les forces politiques des autres pays. Il suffit de comparer la situation en Europe avec l’absence de procédure démocratique en matière d’adoption du Traité constitutionnel. Bien sûr, les expériences en cours au Venezuela, de Bolivie et en Équateur sont aussi traversées par des contradictions et des limites importantes qu’il faut analyser.
Les mois qui viennent montreront si, en Équateur, le gouvernement sera capable de prendre des mesures pour affronter les effets de la crise internationale qui affecte fortement la population équatorienne.
Sur le front de la dette, depuis novembre 2008, l’Équateur a suspendu le remboursement d’une partie des emprunts réalisés par les gouvernements antérieurs sous la forme de bons (les « bonos global 2012 et 2030 »). Les autorités équatoriennes ont pris cette décision sur la base des résultats des travaux réalisés par la Commission d’audit intégrale de la dette publique [1]. Ces bons sont effectivement frappés de nullité vu les conditions dans lesquelles ils ont été émis. Le 20 avril 2009, le gouvernement a proposé aux détenteurs de ces bons d’accepter une réduction de valeur de 70%. Leur décision est attendue pour le 15 mai 2009. Personnellement comme la majorité de la commission, j’étais partisan de mettre fin purement et simplement au remboursement de ces bons de manière définitive et d’entamer des poursuites légales contre les responsables équatoriens et étrangers (essentiellement de grandes banques des États-Unis) pour les différents délits qu’ils avaient commis. Tout en annonçant que des poursuites légales seraient engagées, les autorités équatoriennes, dont c’était bien sûr leur droit le plus strict, ont choisi une voie plus modérée (à l’image de ce que l’Argentine a réalisé entre 2002 et 2005). L’avenir dira si cette voie permettra d’alléger durablement le poids du remboursement de la dette, mais rien n’est moins sûr.
Il n’en reste pas moins que, jusqu’ici, le gouvernement équatorien est le seul gouvernement au monde à avoir entrepris au cours des années 2000 un audit intégral de la dette publique avec une large participation publique. Le fait que d’autres gouvernements n’aient pas encore suivi cette voie a constitué un frein pour les autorités de Quito car elles ont craint d’être confrontées à un isolement international. Une nouvelle crise de la dette publique est en gestation comme conséquence de la crise internationale initiée dans les pays du Nord en 2007. Dans les mois et les années qui viennent, de nombreux pays vont rencontrer de grands problèmes de remboursement. C’est pourquoi il est important d’adopter une attitude ferme pour défendre le droit des peuples face aux diktats des créanciers.
Les «actes de solidarités» sont-ils visés par la loi? Dans une lettre, le ministre de l'immigration et de l'identité nationale le dément mordicus. Le Gisti,
lui, prétend le contraire, liste à l'appui.
Des manifestants venus demander la suppression du délit de solidarité concernant l'aide aux sans-papiers devant la Cour de justice de Marseille, le 8 avril 2009.
(Jean-Paul Pelissier / Reuters)
Le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti) recense sur son site un «inventaire non exhaustif» de condamnations prononcées depuis 1986 contre «des personnes qui ont apporté une aide à des étrangers, la plupart du temps en les hébergeant», indique mardi un communiqué de l'association de juristes.
La publication de cette «liste, en cours d'élaboration et donc non exhaustive» se veut une réponse à une lettre du ministre de l'Immigration Eric Besson aux associations qui ont organisé, le 8 avril, des rassemblements dans 90 villes de France pour protester contre «le délit de solidarité», une appellation contestée par M. Besson.
Dans cette lettre, Eric Besson réaffirmait qu'«en 65 années d'application de la loi, personne en France n'a jamais été condamné pour avoir seulement accueilli, accompagné ou hébergé un étranger en situation irrégulière». Seuls «deux bénévoles ont été condamnés avec dispense de peine en 65 ans», avait ajouté le ministre, le 8 avril.
«Eric Besson est mal informé ou il ment», écrit le Gisti. «Telle qu'elle est, la liste est déjà édifiante et met en pièces la rhétorique d'Eric Besson qui voudrait faire croire que la loi ne vise pas les actes de solidarité. Mais elle est loin d'être exhaustive», selon l'association qui a dénombré 27 condamnations.
«Cette liste ne tient compte que des poursuites ayant entraîné condamnation, y compris avec dispense de peine. Ne sont donc pas recensées ici les poursuites ayant abouti à un non-lieu ou à une relaxe. Elles ont pourtant donné lieu, à chaque fois, à leur lot d'intimidations, de convocations (...), de gardes à vue, de mises en examen, perquisitions etc...», ajoute le Gisti.
Le collectif d'associations qui a appelé le 8 avril à des rassemblements récuse principalement l'article L622-1 du Ceseda (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile) qui punit de 5 ans d'emprisonnement et d'une amende de 30.000 euros«toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d'un étranger en France».
Pour M. Besson, cet article, complété par plusieurs alinéas, «ne saurait concerner tous ceux qui aident de bonne foi un étranger en situation irrégulière».
Selon un communiqué de son ministère, «Eric Besson a pris connaissance avec intérêt de cette liste, et s’engage à apporter une réponse circonstanciée, permettant d’apprécier l’étendue des actes reprochés».
(Source AFP)
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